Aujourd'hui, le chauffeur d'une semi-remorque a arrêté son véhicule au milieu de l'autoroute pour acheter une pastèque. Ce geste désespéré soulève plusieurs questions qu'il serait utile de discuter ici ;1 - Il est 14h30 en plein ramadan. La ou les pastèque(s) potentiellement acquises ne seront pas consommée(s) avant cinq heures, il n'y a donc aucune urgence ;2 - Freiner un tel véhicule, puis le remettre en marche est une dépense énergétique importante dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles. Nous calculons rapidement que ce chauffeur a dissipé une énergie(*) suffisante pour faire fonctionner un PC pendant un mois dans l'unique but de se procurer une pastèque ;3 - L'observateur attentif aura remarqué que ce camion, en plus de transporter des bonbonnes de gaz, est garé au milieu de la voie au niveau d'une courbe. Ce qui nous laisse confrontés à un choix difficile ; soit ce chauffeur n'est pas conscient de la dangerosité pourtant évidente de son comportement, soit il est conscient du danger qu'il représente et que, un après un délai de réflexion rapide, il a jugé que la pastèque vaut largement le risque d'accident et d'explosion, étant donné que nous sommes dans le Gharb, une terre fertile où poussent les meilleures pastèques du monde.#Acheter_une_pastèque_nest_pas_un_crime(*) Une semi-remorque à trois essieux a une masse totale en charge de 38 tonnes. La vitesse maximale autorisée est de 80km/h. E_c ~ 10MJ- Karim
vendredi 26 juin 2015
[J + 1273] الدلاح
jeudi 23 avril 2015
[J + 1209] Du marbre en voilà !
Dans les pays riches et développés, un passage souterrain est généralement un ouvrage d'art fait de béton et d'ingénierie, remplissant avec merveille la fonction de relier deux points donnés sous un obstacle difficilement franchissable. Nombreuses et fonctionnelles, ces structures souffrent la rusticité et le minimalisme ; la décence et le bon sens empêchent d'y déployer le faste et la dépense injustifiée de l'argent public.
Au Maroc, il existe un passage piéton sous l'autoroute Kenitra Tanger fait en marbre. Oui, en marbre.
Quelques kilomètres plus loin, deux institutrices font l'autostop pour rejoindre leur école sans que ce contraste ne suscite l'indignation du public ou ne serait-ce qu'une œuvre littéraire de qualité journalistique.
Au Maroc, il existe un passage piéton sous l'autoroute Kenitra Tanger fait en marbre. Oui, en marbre.
Quelques kilomètres plus loin, deux institutrices font l'autostop pour rejoindre leur école sans que ce contraste ne suscite l'indignation du public ou ne serait-ce qu'une œuvre littéraire de qualité journalistique.
[J + 1208] modernisation
Voici un chiffonnier qui vivait presque heureux et satisfait de l'idée que son quotidien était si merdique, qu'aucun accident de la vie ne pouvait troubler cette misérable quiétude.
Quand soudain, un fils de pute d'ingénieur propose de nouvelles bennes à ordures.
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Quand soudain, un fils de pute d'ingénieur propose de nouvelles bennes à ordures.
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lundi 16 février 2015
dimanche 15 février 2015
[J + 1143] Le rouge à lèvre sur la morve
Je ne comprends pas l'obsession des conseils communaux avec les lampadaires publics alors que deux rues plus loin il n'y a même pas de trottoir.
Mais c'est bien joli.
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mercredi 11 février 2015
[J + 1139] Reviens demain
Pour mes colis et courriers urgents ou importants, j'utilise généralement un service fiable, rapide et peu cher. Il s'agit des chauffeurs de bus ou de taxis blancs, à qui l'on confie l'enveloppe et l'identité et numéro de téléphone du destinataire. Ce service coûte entre 30 et 50dh, quelque soit la distance, les dimensions et le poids dans les limites du raisonnable. J'y ai eu recours pour envoyer pièces, chèques, lettres, cautions et lubrifiants entre Oujda, Rabat, Al Hoceima, Tétouan, Fès ; jamais je n'ai eu à me plaindre du moindre retard, ou de la moindre dégradation. De plus, j'ai la possibilité de connaître exactement la position de mon colis par un simple coup de téléphone.
Aujourd'hui, j'ai décidé, pour des raisons pratiques, d'envoyer des documents par la Poste. Je me rends alors vers 14h30 à une agence Barid-al Maghrib, où un agent de sécurité m'interroge sévèrement sur les raisons de ma présence dans ce lieu d'exercice du service public. N'ayant rien à me reprocher, je lui réponds que je voudrais envoyer un courrier par Amana - le service express de la Poste. C'est alors que le visage de l'agent s'assombrit, comme si j'avais prononcé un mot interdit, ou comme si ma requête était illégitime. Il réussit malgré tout à se ressaisir, et m'invite à revenir le lendemain car, tu vois, Amana, c'est le matin, avant midi, car le fourgon qui ramasse le courrier passe à midi, et ici on n'aime pas que le courrier reste la nuit dans l'agence, car on sait jamais un incendie est vite arrivé et le courrier pourrait prendre feu. C'est une grande responsabilité, conclut-il.
Trois heures après mon courrier était arrivé à Fès grâce à Abdellah, chauffeur du taxi N°40.
Aujourd'hui, j'ai décidé, pour des raisons pratiques, d'envoyer des documents par la Poste. Je me rends alors vers 14h30 à une agence Barid-al Maghrib, où un agent de sécurité m'interroge sévèrement sur les raisons de ma présence dans ce lieu d'exercice du service public. N'ayant rien à me reprocher, je lui réponds que je voudrais envoyer un courrier par Amana - le service express de la Poste. C'est alors que le visage de l'agent s'assombrit, comme si j'avais prononcé un mot interdit, ou comme si ma requête était illégitime. Il réussit malgré tout à se ressaisir, et m'invite à revenir le lendemain car, tu vois, Amana, c'est le matin, avant midi, car le fourgon qui ramasse le courrier passe à midi, et ici on n'aime pas que le courrier reste la nuit dans l'agence, car on sait jamais un incendie est vite arrivé et le courrier pourrait prendre feu. C'est une grande responsabilité, conclut-il.
Trois heures après mon courrier était arrivé à Fès grâce à Abdellah, chauffeur du taxi N°40.
mardi 10 février 2015
[J + 1138] Jus est ars boni
Il existe, à Rabat, un phénomène qui altère l'esprit et assèche l'âme.
Les places de parking payantes sont signalées par des traits bleus discontinus. Des agents de la police administrative sillonnent les rues de Rabat à longueur de journée afin de verbaliser les contrevenants ou d'immobiliser leurs véhicules en cas de non-acquittement de l'amende. Ils sont nombreux et plutôt efficaces, à en juger par la quantité d'amendes que j'ai payées.
Seulement voilà, par je ne sais quelle singularité légale, la police administrative sanctionne uniquement les conducteurs correctement garés mais qui n'ont pas payé le ticket du parking. Ceux parmi nos vaillant concitoyens qui garent leurs véhicules sur le trottoir, en diagonale sur la chaussée ou en deuxième position ne sont nullement inquiétés. Il en résulte une situation paradoxale, inaccessible aux outils de l'analyse rationnelle, telle que les conducteurs se garent en dehors des lignes bleues, commettant ainsi une infraction plus grave, mais impunie car en dehors du champ de compétences des agents verbalisateurs.
Et encore, nous sommes à Rabat.
Les places de parking payantes sont signalées par des traits bleus discontinus. Des agents de la police administrative sillonnent les rues de Rabat à longueur de journée afin de verbaliser les contrevenants ou d'immobiliser leurs véhicules en cas de non-acquittement de l'amende. Ils sont nombreux et plutôt efficaces, à en juger par la quantité d'amendes que j'ai payées.
Seulement voilà, par je ne sais quelle singularité légale, la police administrative sanctionne uniquement les conducteurs correctement garés mais qui n'ont pas payé le ticket du parking. Ceux parmi nos vaillant concitoyens qui garent leurs véhicules sur le trottoir, en diagonale sur la chaussée ou en deuxième position ne sont nullement inquiétés. Il en résulte une situation paradoxale, inaccessible aux outils de l'analyse rationnelle, telle que les conducteurs se garent en dehors des lignes bleues, commettant ainsi une infraction plus grave, mais impunie car en dehors du champ de compétences des agents verbalisateurs.
Et encore, nous sommes à Rabat.
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